Les Boisettes

J'ai débuté le travail du bois en 2015, en sculptant des petites pièces au couteau. Cela m’a beaucoup plus et je me suis assez naturellement mise à faire des bijoux. J’ai donc voulu continuer dans cette voie. Ma famille m’a offert un dremel afin que je puisse me lancer plus intensément dans la confection de bijoux. Cela m'a permis de sculpter des essences de bois plus dures, et d’être plus rapide. Les sensations ne sont plus du tout les mêmes qu’avec le travail au couteau. C’est en effet un travail moins tactile, plus incisif, mais j’aime beaucoup l’odeur forte du bois qui s’en dégage, différente pour chaque essence, que ne me procurait pas le travail au couteau !
Les créations :
Le bois est un matériau que j'affectionne tout particulièrement. Chaque essence à son odeur, son touché, son veinage propre qui lui confère une beauté particulière. Le bois reste donc le fil conducteur dans mon travail. Cependant j'aime énormément l'association de matières ! Et là, tout y passe : tissus, dentelles, cuir, perles de terre, de verre, graines, métal...

Pour ce qui est de mes inspirations, elles sont très diverses et évolutives. Les premières pièces que j’ai sculpté étaient surtout inspirées du monde végétal. C’est une source d’inspiration qui est encore très présente aujourd’hui dans mon travail, avec feuilles et fleurs, que ce soit en bois ou en cuir.
J'aime aussi particulièrement travailler dans des rondelles de bois, qui me permettent de laisser de l'écorce et d'avoir quelque chose de très « nature brute ». Je réalise aussi des bijoux aux formes géométriques simples, plus épurées, ou la rondeur et les spirales sont très présentes. Je suis également très inspirée par ce qui se fait en bijouterie de part le monde : Amériques, Caucase, Chine, Inde et Afrique, que ce soit des bijoux en bois ou en métal.
J’aime feuilleter les ouvrages sur la bijouterie de ces régions et j’ai une affinité particulière pour la bijouterie touareg, ce qui m’inspire beaucoup notamment dans le dessin de mes motifs pyrogravés.
Les matériaux : Le plus important pour moi est de proposer des créations fabriquées à partir de matières premières issues de productions éthiques et durables. C'est pourquoi je m'attache à détailler les matériaux utilisés pour chaque bijou ainsi que leur provenance : Concernant les bois utilisés, il s'agit majoritairement de bois d'Ardèche issus de coupes d'élagages et de forêts gérées durablement. J'ai assez vite banni les bois exotiques, certes très beau, mais bien souvent issus de coupes destructices, illégales et abusives.
Les seules essences exotiques que je propose (palissandre, ébène et acacia) sont équitables et vendues par une association d'insertion par le travail au Burkina Faso. Cette association récupère les bois morts naturellement. J’utilise également des bois d’élagage que me fournissent des particuliers dans le Lot et les Cévennes. Les apprêts me donnent le plus de fil à retordre ! Je privilégie les apprêts fabriqués en France, en laiton sans nickel, mais je n’ai encore pas trouvé la solution idéale ! C’est très difficile de nos jours, de trouver les matériaux qui ont les conditions de production les moins impactantes sur l’environnement et sur l’homme.
J’essaie de faire au mieux et je continue de chercher ! Pour le reste, il s'agit de matériaux de récupérations : chutes de cuir, de tissus, graines et coquillages ramassées ici et là, ou encore réutilisation de perles. J’insiste souvent sur l’origine des matériaux que j’utilise, et j’y tiens, car cela n’aurait aucun sens pour moi de continuer cette activité sans y porter cette attention.

Bonjour Maude, peux-tu te présenter un peu ?  

 

Après mes études d’Histoire de l’Art et un début de carrière express en bibliothèque, j’ai finalement trouvé une activité qui me tient à cœur et que je souhaite porter le plus longtemps possible : la réalisation de bijoux en bois !
 

D’où vient le nom que tu as donné à ton univers créatif ?  

Les boisettes sont mes bijoux. Je cherchais un nom qui puisse qualifier directement mes réalisations. Une boisette étant un petit bout de bois, cela correspondait exactement à ce que je cherchais !


Depuis combien de temps exerces-tu ton art ?  

 

J’ai commencé la sculpture au couteau de petites pièces en bois en 2014, puis je me suis lancé dans cette activité de manière professionnelle en 2015 avec un peu plus de matériel !


Il s’agit d’une vocation ou tu es tombée dans la créativité par hasard ?  

 

Je réalise des bijoux depuis assez peu de temps, mais j’ai toujours baigné dans un univers créatif, c’est de famille. Du coup j’ai toujours pratiqué des activités créatrices : dessin, musique, poterie, sculpture, et demain ce sera autre chose.

D’où te vient l’inspiration ?  

 

L’inspiration vient surtout de ce qui m’entoure au quotidien, ainsi que du monde végétal. Je feuillète aussi beaucoup les ouvrages sur la bijouterie du monde entier, j’aime énormément les bijoux d’Afrique, touareg en particulier, mais également de bien d’autres régions du monde (Amériques, Caucase, Chine, Inde…).

.

 

 

Les Boisettes :
Respect de la nature et féminité.

 

Quelles sont tes influences ? (personnes, environnement, autres formes d’art)    

Concernant les motifs que je peux faire apparaître dans mon travail, comme je l’ai dit, je suis très inspirée par l’art touareg, amérindien, indous et bien d’autres. J’ai une sensibilité particulière vers les formes courbes et en spirales, et cela revient souvent dans mes dessins et croquis.

 

D’où viennent tes matières premières ?  

C’est un point auquel je tiens tout particulièrement. J’essaie d’utiliser des matériaux locaux ou de récupération le plus possible. Ainsi le bois vient majoritairement d’un atelier ardéchois qui pratique une gestion douce des forêts. D’autres essences viennent du Lot ou du Gard et sont issues de coupes d’élagages chez des particuliers. Les rares essences exotiques que je propose sont labélisées équitables et viennent du Sahel. Il s’agit de bois mort naturellement et revalorisé par une association d’insertion par le travail. Concernant les métaux, il s’agit majoritairement d’apprêts fabriqués en France. Les autres matériaux : cuir, dentelles, tissus, graines, perles etc sont des matériaux de récupération (chutes…)


Une ligne de conduite ? 

 

La seule ligne de conduite auquel je tiens est de toujours veiller à la provenance de mes matériaux. Je cherche à ce que mon activité impacte peu sur l’environnement : donc du local pour avoir le moins de transport possible ! de la récup’ ! Que ce soit pour la réalisation de mes bijoux, mais aussi de mes emballages.
Si je ne pouvais plus mener cette démarche-là, ou insuffisamment par rapport à mes convictions, je ne pourrai pas continuer cette activité.

 

Peux-tu nous présenter brièvement ta collection?  

 

J’ai organisé mon travail autour de 7 collections (Wakanda, Euclide, Bohème, Origine, Floriae, Etnic, Expression Libre). Ces collections retranscrivent les divers aspects que l’on retrouve constamment dans ma production. Pour le moment, chacune de mes réalisations trouve sa place au sein d’une de ces collections

 

Peux­-tu nous montrer la pièce dont tu es la plus fière ? Pourquoi ?    

 

Je ne trouve pas de pièce particulière répondant à cette question. Généralement je tiens beaucoup aux pièces que je viens de produire, mais j’ai appris à m’en détacher, sinon c’est toujours un pincement au cœur de les voir partir par la suit.

 

 

A quoi ressemble ton quotidien ?  

Hélas, mon quotidien de créatrice se réduit à un mi-temps (Je suis obligée de garder un pied dans les bibliothèques !). Mon travail se répartit entre le dessin préalable à la réalisation de mes pièces, la sculpture proprement dite, la phase de ponçage qui me prend beaucoup de temps puis le vernissage.

 

Et demain ? Et après ?  

 

Pour l’instant j’espère surtout pourvoir continuer cette activité. J’aimerai aussi pouvoir produire mon propre bois, là je ne pourrai pas faire plus local !


Merci ;-)

© 2015-2018 par Coton Sucré. Créé avec Wix.com 

118A avenue du Général de Gaulle, 33450 IZON, France

05. 57. 23. 21. 85. cotonsucre@orange.fr

  • Facebook Clean